Gérer les pertes

Dix conseils entourant la mort de l’animal compagnon

par Moira Anderson Allen, M.Ed.

Cet article a été transcrit avec la permission de Moira Anderson Allen. Pour obtenir plus de renseignements entourant la mort d’un animal compagnon, consultez www.pet-loss.net.

Pour qui l’animal compagnon est un être très près de soi, un complice ou un membre de la famille, la peine, qui en résulte à la mort, est immense. Voici quelques conseils à garder en mémoire lorsqu’une telle peine vous afflige et que l’heure est venue de prendre de grandes décisions.

1. Est-il normal d’avoir tant de peine?

Il est naturel et normal de souffrir lorsqu’un animal compagnon disparaît. Ne croyez pas que c’est frivole, stupide, imbécile ou démesurément sentimental d’éprouver une grande tristesse.

Pendant des années, vous avez vécu avec un animal (même si c’est peu); et chaque jour, il avait sa place dans votre vie. Il a été une source de réconfort, une présence et il vous acceptait, sans condition, vous apportant joie et plaisir. Alors, ne soyez pas surpris si sa disparition vous touche profondément.

Les gens qui refusent de reconnaître qu’il existe un lien réel entre l’humain et l’animal ne comprennent pas votre douleur. Sachez que ces émotions vous appartiennent, elles sont justifiées, et elles peuvent être extrêmement douloureuses. Mais rappelez-vous que vous n'êtes pas seul à vivre ce genre de situation : des milliers de propriétaires d’animaux compagnons ont connu cette forme de tristesse.


2. De quelles sortes d’émotions s’agit-il?

Chacun vit la douleur à sa façon. En plus de la peine et du sentiment de vide, vous pourriez ressentir les sentiments suivants :

  • La culpabilité : vous vous sentez responsable de la mort de votre animal, et vous répétez « j’aurais dû faire attention. » Il est inutile et sûrement erroné de vous croire la cause de l’accident ou de la maladie qui a emporté votre animal; vous ne faites qu’empirer votre chagrin.
  • Le refus d’accepter la mort de l’animal : vous êtes incapable d’imaginer que l’animal ne sera plus là quand vous rentrerez chez vous! Que vous n’avez plus à mettre de la nourriture dans son bol! Certains propriétaires vont même jusqu’à imaginer que l’animal, abandonné quelque part, souffre de sa trahison. D’autres jurent qu’ils resteront fidèles à jamais, et que jamais un autre animal ne viendra le remplacer dans leur cœur!
  • De la colère peut être dirigée contre la maladie qui a emporté votre animal ou le chauffeur qui n’a pas freiné ou le vétérinaire qui n’a pas « su » lui sauver la vie. Même si cela était un peu vrai, il est inutile d’en rajouter et de refuser la peine véritable qui vous traverse.
  • Souvent, une petite dépression suit la perte de l’animal et c’est naturel. Mais elle enlève le courage dont vous avez besoin pour supporter votre douleur. La dépression profonde vole toute votre énergie et votre capacité à réagir; elle vous noie dans la douleur.

3. Comment exprimer mes émotions?

D’abord, il faut être honnête face à vos émotions. Ne reniez pas votre douleur, colère ou sentiment de culpabilité. C’est en reconnaissant et acceptant vos sentiments que vous pourrez les dépasser.

Vous avez le droit de souffrir et d’être triste. Vous venez de perdre un être vivant que vous aimiez; vous vous sentez seul et affligé. Vous avez le droit d’être en colère ou de vous sentir coupable. Prenez le temps de ressentir ce sentiment, ensuite, demandez-vous si la situation le justifie.

Même si vous refusez votre douleur, elle est quand même là. Exprimez-la. Pleurez, criez, frappez du pied, parlez-en. Faites ce qui vous soulage. Ne vous empêcher pas de penser à votre animal pour ne pas avoir mal. Au contraire, revivez en mémoire les beaux moments. Cela vous permet de comprendre l’impact de sa mort dans votre vie.

Certains individus rédigent un petit poème, une nouvelle ou des lettres à l’intention de leur animal compagnon. D’autres vont réaménager leur horaire de façon à occuper autrement les périodes consacrées à l’animal; d’autres vont faire une cérémonie, faire un collage photos et réunir des gens avec qui parler de l’importance de ce que vous vivez.


4. À qui puis-je en parler?

Si vous avez un membre de la famille ou un ami qui aime les animaux, il va reconnaître que vous vivez quelque chose d’important. Ne cachez pas vos sentiments sous prétexte que vous êtes réaliste et au-dessus de ce genre de choses! Quand on parle de ce qu’on vit, on le voit sous un autre angle et on passe au travers plus facilement. Il faut trouver quelqu’un à qui on dit ce que cet animal représente pour nous et à quel point il nous manque; quelqu’un avec qui on peut pleurer, sans gêne, et exprimer sa douleur.

S’il n’y a ni membre de votre famille ni ami prêt à vous écouter, demandez à votre vétérinaire ou approchez une association qui vous aidera à entrer en communication avec un conseiller spécialisé ou un groupe de soutien. À l’église ou dans les hôpitaux, il existe des services d’aide aux gens laissés dans le deuil. Oui, votre peine est réelle et il est possible que vous ayez besoin d’aide.


5. Quand doit-on faire endormir son animal?

Votre vétérinaire est bien placé pour diagnostiquer la condition de votre animal, toutefois, vous êtes bien placé pour savoir comment il est en général. Si l’animal mange bien, réagit normalement ou recherche votre présence, s’il participe aux jeux ou à la vie de la famille, pour de nombreux propriétaires, le temps n’est pas venu de mettre fin à ses jours. Cependant, si l’animal souffre beaucoup ou qu’il subit des traitements douloureux qui n’apportent pas de soulagement; s’il ne répond pas à votre appel, s’il n’est pas conscient ou intéressé à ce qui se passe autour, le propriétaire devrait juger préférable de mettre un terme à la souffrance de l’animal.

Vous devrez évaluer, avec l’appui du vétérinaire, la santé de votre animal en toute honnêteté et sans égoïsme. Prolonger la souffrance de l’animal pour épargner la vôtre ne va aider ni l’un ni l’autre. Ce genre de décision sera toujours difficile et lourde de conséquence pour vous, mais elle demeure une grande manifestation de votre amour pour lui, même si c’est la dernière.


6. Devrais-je être là quand mon animal sera endormi?

De nombreux propriétaires vont accompagner leur animal, par amour, et pour qu’il ne soit pas seul à « la dernière heure ». Ils voient l’animal « partir en paix » et y trouvent un certain réconfort. D’autres, qui décident de s’abstenir, peuvent éprouver de la difficulté à accepter la mort de leur animal et ne pas croire en sa disparition. Mais il n’en demeure pas moins que l’expérience peut être traumatisante et vous devez vous demander si vous êtes capable de subir un tel choc. Naturellement, vous allez pleurer et vous serez bouleversé, et ce pourrait être pire pour l’animal qui le sentira assurément.

Certaines cliniques sont plus disposées que d’autres à laisser les propriétaires assister à la mort de leur animal. Il y a même des vétérinaires qui vont endormir les animaux dans le foyer familial; d’autres dans la voiture du propriétaire. Il faut voir ce qui est moins traumatique, pour vous comme pour l’animal, et en discuter avec le vétérinaire. Si la clinique que vous fréquentez ne semble pas comprendre votre demande, n’hésitez pas à voir ailleurs.


7. Et comment procéder, une fois que l’animal est mort?

Quand un animal meurt, il faut disposer de sa dépouille. Si vous êtes troublé par sa mort, vous voudrez laisser le vétérinaire s’en occuper à la clinique; vérifiez-en le coût. Les refuges pour animaux acceptent les dépouilles moyennant une somme dérisoire.

Il existe une alternative plus formelle. L’enterrement à la maison est un choix privilégié, si l’on a le terrain qui le permet. C’est économique et vous pourrez préparer une cérémonie funèbre peu coûteuse. Cependant, bien souvent, les règlements municipaux interdisent ce genre de pratiques, qui conviennent mal aux locataires ou à ceux qui déménagent souvent.

Plusieurs préfèrent le cimetière qui apporte un je-ne-sais-quoi de noble, de sécuritaire et de permanent. Les propriétaires apprécient le cadre serein, et soigné du cimetière. Les frais varient selon le service choisi et le type d’animal. L’incinération est une alternative moins dispendieuse qui permet de disposer des restes de l’animal de diverses façons : les enterrer (même à la ville), les disperser à un endroit choyé, les placer dans un columbarium ou les garder chez vous dans une urne décorative (dont il existe une grande variété.)

Les sources de renseignements ne manquent pas : auprès de votre vétérinaire, dans une animalerie et vous trouverez dans l’annuaire les possibilités offertes près de chez vous. Votre choix sera guidé par votre situation personnelle, vos valeurs religieuses, vos avoirs et vos plans d’avenir. Ce genre d’arrangements se prépare à l’avance; il vaut mieux être prêt que d’être bousculé pendant qu’on est bouleversé.


8. Que dois-je dire aux enfants?

Vous seul savez la part de vérité que vos enfants sont prêts à prendre sur le thème de la mort et de la perte de leur animal. Mais ne les sous-estimez pas. Il est fort à parier que dire la vérité, à propos de la mort de l’animal, permet de faire le point sur certaines idées préconçues ou erronées par rapport à la mort.

L’honnêteté est un bon barème. Si vous dites que l’animal « a été endormi », il faut indiquer qu’il existe une différence entre le sommeil et la mort. Ne dites pas que votre animal « est parti » parce que l’enfant pourrait croire que ce départ est causé par le mal qu’il a fait et il pourrait attendre le retour de l’animal avec anticipation. Et après, ce sera d’autant plus difficile d’accepter un autre animal à la maison. Il faut être sans équivoque sur le fait que l’animal ne sera plus jamais avec vous, mais qu’il ne souffre plus et même, qu'il est heureux.

N’allez pas croire qu’un enfant est trop petit ou trop grand pour éprouver du chagrin. N’allez pas le gronder parce qu’il « fait des histoires » et ne lui dites pas d’arrêter de pleurer ou d’être « raisonnable ». Soyez honnête face à vous-même et à votre tristesse. N’allez pas vous cacher sinon les enfants vont se cacher aussi. Discutez-en en famille et laissez chacun vivre son deuil, chacun à son rythme.


9. Les autres animaux de la maison sont-ils en deuil?

Les animaux perçoivent les changements, et l’absence d’un animal ne passe pas inaperçu. Les animaux développent des liens solides entre eux et le survivant d’une telle séparation pourrait éprouver un véritable chagrin. Les chats portent le deuil des chiens et les chiens portent le deuil des chats.

Celui qui survit aura peut-être besoin d’un peu plus d’attention, et d’affection, de votre part, durant sa période de deuil. Si vous voulez remplacer l’ancien par un nouvel animal dans la maison, n’oubliez pas que celui qui a survécu la mort du précédent pourrait ne pas accepter ce nouvel arrivant, mais le lien se développera petit à petit. Quoi qu’il en soit, l’affection du survivant peut vous aider à vivre votre propre deuil.


10. Devrais-je adopter un autre animal le plus vite possible?

Règle générale, non, vaut mieux pas. Il faut un certain temps pour guérir la blessure qui accompagne toute mort et bâtir un lien avec un nouvel animal. Si vous êtes bouleversé, vous pourriez en vouloir à la nouvelle bête, qui cherche à voler la place de l’autre, celui que vous souhaiteriez vraiment avoir avec vous. Les enfants se sentent particulièrement « traîtres » envers l’animal qu’ils ont aimé.

Lorsque vous introduisez un nouvel animal dans la maison, évitez d'en choisir un « pareil », car il ne sera jamais « comme l’autre ». Et surtout, n’attendez pas ça de lui; laissez-le développer sa propre personnalité. Ne lui donner pas le même nom ou sobriquet; évitez de faire des comparaisons entre le nouveau et « l’autre ». Vous oubliez sans doute que le précédent a fait, lui aussi, toutes sortes de petites gaffes quand il était petit!

On acquiert un nouvel animal pour bâtir et vivre quelque chose de neuf avec un animal, et non pour perpétuer tout ce qui n’est plus. Quand vous êtes prêt à le faire, choisissez l’animal avec lequel vous entreprendrez une belle relation de complicité, c’est ça la raison d’être d’un animal compagnon!