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Le 29 juillet 2010
  Macrolide


Bref historique…

Les macrolides font partie de la médecine humaine et animale depuis leur découverte dans les années 1950. Leur activité consiste à stopper la synthèse de la protéine bactérienne et les macrolides agissent particulièrement sur les bactéries Gram positif et les mycoplasmes.

En médecine humaine, les macrolides sont réservés aux patients externes et ne sont pas considérés comme des « médicaments de dernier recours ». En médecine vétérinaire, on utilise les macrolides pour soigner et prévenir les maladies. Les macrolides jouent un grand rôle dans le maintien de la santé du bétail et des volailles.

Jusqu’en juillet 1999, les macrolides étaient également utilisés dans l’Union européenne comme stimulateurs de croissance. La loi européenne interdisant l’utilisation du macrolide tylosine (un antibiotique propre à la médecine vétérinaire) comme stimulateur de croissance est une décision politique qui va à l’encontre de l’avis scientifique du Comité scientifique sur la nutrition animale de l’Union européenne (SCAN). En effet, en février 1998, le SCAN concluait que : « (…) les résultats de laboratoire et la documentation actuels ne fournissent pas de preuves substantielles à l’effet que les macrolides utilisés comme additif alimentaire représente un risque réel pour la santé humaine et animale. Il est présomptueux d’avancer qu’il existe des preuves du risque lié à l’usage des macrolides comme additifs alimentaires. En l’absence de résultats de recherche concluants en épidémiologie sur la résistance au macrolide de certaines bactéries d’animaux d’élevage transmissible aux humains, il n’y a pas de raison d’interdire le macrolide comme additif alimentaire ». Malheureusement, l’administration de l’antibiotique comme stimulateur de croissance est désormais interdite, bien qu’autorisée en traitement thérapeutique.

Divers macrolides utilisés chez les animaux...


La tylosine

La tylosine est un antibiotique bactériostatique principalement actif sur les bactéries Gram positif et certains Gram négatif, et qui peut également agir sur certains mycoplasmes. C’est un antibiotique réservé exclusivement à la médecine vétérinaire. La tylosine est disponible en solution injectable, en poudre à diluer dans l’eau ou incorporée dans les aliments enrichis. L’utilisation de la tylosine est autorisée pour soigner la pneumonie et la métrite des bovins; le rouget, la pneumonie et l’entéropathie proliférative du porc, ainsi que les maladies respiratoires des volailles.

La tilmicosine

La tilmicosine est prescrite pour soigner les maladies pulmonaires bovines dues à la Mannheimia haemolytica et à la Pasteurella multocida. La tilmicosine est administrée aux bovins en injection antibiotique sous-cutanée (mais pas aux vaches en lactation) et aux moutons.

L’érythromycine

L’érythromycine est un macrolide de grande valeur en médecine vétérinaire; on la prescrit pour traiter les syndromes pulmonaires chez le porc et comme outil de gestion de la mastite, de la métrite et de la leptospirose porcines; de la pneumonie et de la grippe chez les bovins; et comme mode de prévention contre la dysenterie chez l’agneau. Cet antimicrobien de faible toxicité est un antibiotique efficace contre les micro-organismes Gram positif et de grand rayonnement, surtout pour les staphylocoques, les streptocoques et les pneumocoques.

Utilisation des antibiotiques dans la production animale…

Trois objectifs majeurs sont visés dans l’administration d'antibiotiques aux animaux d’élevage :

Pour soigner les maladies : on les administre comme médicaments (vétérinaires) qui servent à enrayer une maladie ou améliorer l’état de santé.

Pour prévenir les maladies : il est possible d’éloigner les maladies qui pourraient attaquer une population momentanément vulnérable. On sait, par exemple, que le changement brusque de température est un facteur de maladie, c’est-à-dire qu’il crée un stress, chez l’animal, qui risque de l’affaiblir et de le rendre vulnérable aux maladies. L’administration des antibiotiques est une stratégie qui vise à stopper le développement de l’infection.

Pour stimuler la croissance : en doses réduites, les antimicrobiens augmentent l’efficience alimentaire, favorable au gain de poids journalier et, entre autres choses, l’organisme animal n’a pas à combattre les stades sous-cliniques des maladies.

L’expérience danoise…

Si nous sommes perspicaces, nous saurons tirer de bonnes leçons des pays qui ont interdit l’utilisation sous-thérapeutique des antibiotiques dans la production animale. En 1999, le Danemark votait des lois visant à interdire l’utilisation de certains antibiotiques comme stimulateurs de croissance dans la production des animaux destinés à l’alimentation dans le but de protéger la santé publique. Mais cette politique n’a pas apporté les résultats escomptés :

  • Aucune diminution de la prévalence des isolats résistants n’a été observée chez les humains.
  • La maladie a augmenté dans les troupeaux, créant un impact négatif sur le bien-être des animaux.
  • Pour remédier à l’augmentation des maladies, il a fallu augmenter l’administration des antibiotiques en doses thérapeutiques.

La réalité nord-américaine…

Depuis plus de 40 ans, les antibiotiques jouent un rôle essentiel dans la protection de la santé de nos animaux. En agriculture animale, 87 pour cent des antibiotiques servent à soigner les maladies et 13 pour cent, seulement, à maintenir les animaux en meilleure santé en augmentant l’efficience des aliments et le gain de poids journalier.

Le fait que les animaux soient en meilleure santé peut avoir des retombées positives sur l’environnement. Les antibiotiques sont des outils qui aident les éleveurs à augmenter leur production et l’état de santé de leurs bêtes sans pour autant surexploiter l’environnement. En effet, si l’on n’utilisait pas les antibiotiques, il faudrait utiliser d'avantage de ressources naturelles, y compris le sol même, puisqu’il faudrait produire plus d’animaux pour produire la même quantité de nourriture.

C’est la nature intrinsèque de la bactérie d’être en perpétuelle mutation et de développer de la résistance aux maladies, - que les antibiotiques soient utilisés ou non dans la production des animaux destinés à l’alimentation. Il va sans dire que le processus de transformation et la saine manipulation des aliments réduisent le taux de bactéries, mais au bout du compte, c’est à chaque consommateur que revient l’ultime responsabilité de faire cuire ses aliments de façon à ce qu’aucune bactérie ne puisse survivre.

Saviez-vous que…

  • Bien qu’interdite comme stimulateur de croissance dans les pays de l’Union européenne, la tylosine y est encore employée comme médicament.
  • Jusqu’à présent, aucune évidence ne semble démontrer que l’interdiction d’utiliser l’antibiotique comme stimulateur de croissance chez les animaux destinés à la consommation ait réduit, en Europe, la prévalence des isolats résistants aux antibiotiques chez les patients.
  • L’expérience européenne démontre que la diminution graduelle ou l’interdiction de certains antibiotiques provoque l’éclosion d’infections bactériennes qui nécessitent une quantité supplémentaire d’antibiotiques pour traiter les maladies.