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Le 29 juillet 2010
  Questions fréquemêment posées


Source: Fédération internationale pour la santé animale

Q : Qu'est-ce que la grippe aviaire?

R : La grippe aviaire est une maladie respiratoire des oiseaux causée par un virus qui se présente sous des formes faiblement et hautement pathogènes. Les flambées de grippe aviaire faiblement pathogène sont communes à travers le monde et sont habituellement facilement contrôlées, tandis que la forme hautement pathogène de la grippe aviaire est plus grave en raison du taux de mortalité très élevé chez les oiseaux infectés.

La variante actuelle de la grippe aviaire hautement pathogène maintenant présente en Asie, au Moyen-Orient et dans certaines régions d'Afrique et d'Europe est la souche H5N1. Le nom H5N1 indique la disposition des protéines à la surface du virus, H fait référence à l'hémagglutinine et N à la neuraminidase. Un virus de grippe aviaire est identifié par la présence d'une combinaison des sous-types H et N. Il existe seize sous-types H (H1 à H16) et neuf sous-types N (N1 à N9).

La grippe aviaire est plus fréquente chez les espèces d'oiseaux aquatiques sauvages, mais a également été rapportée chez plusieurs espèces communes de volailles, y compris les poulets, canards, dindes, oies, faisans et cailles, ainsi que chez plusieurs autres oiseaux comme les perroquets et les cacatoès. Certaines espèces sont plus résistantes aux infections et peuvent constituer des transmetteurs asymptomatiques de la maladie.

Q : Comment la grippe aviaire se propage-t-elle?

R : La grippe aviaire se propage principalement par le contact direct entre des oiseaux sains et des oiseaux infectés, ou par le contact indirect avec de l'équipement ou d'autres matières contaminés. Le virus est présent dans les excréments des oiseaux infectés et dans les sécrétions provenant de leurs narines, de leur bouche et de leurs yeux. Le virus peut se propager dans les bandes domestiques gardées à l'extérieur par la contamination fécale provenant des oiseaux sauvages, tandis que l'infection des bandes gardées à l'intérieur se fait par les sécrétions dans l'air et les excréments. La propagation du virus par les excréments et les sécrétions est souvent appelée l'excrétion du virus.

Q : Que se passe-t-il quand la grippe aviaire est détectée ou soupçonnée chez un oiseau ou une bande?

R : La grippe aviaire hautement pathogène est une maladie à déclaration obligatoire selon l'Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE). Cette organisation a établi des normes de santé animale qui classifient les souches hautement pathogènes comme des maladies à déclaration obligatoire. Toute flambée doit être immédiatement signalée aux autorités de santé animale locales et nationales.

Q : Que peut-on faire pour prévenir la grippe aviaire?

R : Il n'existe pas de solution unique permettant de prévenir la grippe aviaire, mais plutôt une combinaison de trois types de mesures utilisées en concomitance. Premièrement, des mesures de biosécurité et de surveillance doivent être mises en place, et doivent comprendre :

  • la mise en quarantaine des fermes infectées;
  • la restriction du mouvement des volailles dans les zones entourant les infections confirmées ou soupçonnées;
  • la mise en vigueur de mesures d'hygiène rigoureuses telles que l'utilisation de vêtements protecteurs et la désinfection des véhicules qui circulent dans les zones infectées afin de prévenir la propagation du virus par le biais des vêtements ou de l'équipement contaminé; et
  • la surveillance des oiseaux sauvages et des volailles domestiques dans les zones entourant les infections confirmées ou soupçonnées.

Deuxièmement, l'élimination ou la réforme des oiseaux infectés doit également être utilisée pour prévenir la propagation du virus.

  • Tous les oiseaux d'un emplacement spécifié (par ex., une ferme) doivent être réformés.
  • Les carcasses des oiseaux réformés doivent être éliminées d'une façon appropriée; habituellement par enfouissement ou crémation.
  • Les oiseaux dans des zones spécifiées entourant une flambée peuvent également devoir être réformés.

Troisièmement, afin de prévenir une propagation plus importante de l'infection, un programme de vaccination doit être mis en place en tenant compte des considérations suivantes :

  • La vaccination est une stratégie de prévention.
  • La vaccination ne prévient pas toujours les infections, mais les oiseaux vaccinés ne contractent pas la maladie et ne meurent pas comme c'est le cas avec les oiseaux infectés.
  • Si un oiseau vacciné devient infecté, il n'excrète pas le virus ou excrète des niveaux beaucoup plus faibles de virus qu'un oiseau infecté non vacciné et par la suite, il cesse d'excréter le virus.

Q : Que peut-on faire pour guérir un oiseau infecté par la grippe aviaire?

R : Il n'existe présentement aucun traitement contre la grippe aviaire hautement pathogène. La pratique actuelle dans la plupart des régions du monde exige la réforme des oiseaux infectés, et non le traitement, d'où l'extrême importance de la prévention.

Q : Quels sont les risques que des mammifères comme le chat soient infectés par le virus H5N1?

R : L'expérience asiatique en 2003 et 2004 démontre que les chats domestiques sont à risques d'une infection parfois fatale par le virus H5N1. Il est par conséquent conseillé d'éviter tout contact entre les chats et les oiseaux sauvages ou les volailles dans les zones infectées. Aucun cas de transmission de la forme H5N1 de la grippe aviaire du chat à l'homme n'a été observé.

Pour de plus amples renseignements concernant l'infection des mammifères par le virus H5N1, veuillez consulter la déclaration de l'OMS du 28 février 2006 : http://www.who.int/csr/don/2006_02_28a/fr/index.html

Q : La grippe aviaire présente-t-elle des risques pour la santé humaine?

R : Premièrement, il est important de noter que tous les cas humains de grippe aviaire H5N1 (en Asie du Sud-Est et en Turquie) se sont déclarés chez des personnes ayant eu des contacts rapprochés et directs avec les oiseaux infectés. Jusqu'à maintenant, il n'y a aucune preuve de transmission d'humain à humain du virus H5N1.

Pour obtenir des renseignements concernant le diagnostic et le traitement des humains infectés par le virus de la grippe aviaire, visitez le site :
http://www.who.int/csr/disease/avian_influenza/guidelinestopics/fr/index.html

Pour obtenir plus de détails sur les cas humains de grippe aviaire, visitez le site : http://www.europa.eu.int./comm/health/ph_threats/com/Influenza/ai_human_en.htm

Q : La propagation de la grippe aviaire de souche H5N1 menace-t-elle la sécurité de l'approvisionnement alimentaire?

R : Premièrement, le risque qu'une volaille infectée se retrouve dans l'approvisionnement alimentaire est extrêmement faible. Deuxièmement, dans l'éventualité peu probable que des produits de volaille contaminés atteignent le stade de l'approvisionnement alimentaire, le niveau de virus serait extrêmement faible et ne présenterait aucun danger d'infection à condition que l'aliment soit cuit de façon approprié.

Q : Est-il vrai que les grandes installations commerciales d'élevage de volailles facilitent la propagation de la maladie?

R : Non, en fait, c'est plutôt le contraire. Les grandes installations commerciales d'élevage de volailles, qui élèvent les oiseaux à l'intérieur, utilisent des mesures de biosécurité connues pour maintenir le plus possible les oiseaux en bonne santé. Plusieurs de ces mesures de protection ne sont pas applicables lorsque les bandes sont élevées à l'extérieur.

VACCINATION CONTRE LA GRIPPE AVIAIRE

Q : Y a-t-il des vaccins qui permettent de minimiser les risques d'infection par la forme H5N1 de la grippe aviaire?

R : Non, il n'existe présentement aucun vaccin homologué pour utilisation au Canada qui minimise les risques d'infection par la forme H5N1 de la grippe aviaire chez les volailles. L'Agence canadienne d'inspection des aliments peut cependant autoriser l'utilisation de vaccins et de produits biologiques non homologués si une flambée survenait. Des ententes sont conclues avec les fabricants pour que des quantités suffisantes de ces produits soient disponibles comme mesures d'urgence. (Si un programme de vaccination était mis en oeuvre, il ne s'agirait que d'un élément d'une stratégie de confinement impliquant l'isolement et l'abattage intégral des volailles dans des zones spécifiques.)

Q : Comment les vaccins sont-ils utilisés?

R : Tous les sujets de la bande doivent être vaccinés et la vaccination se fait par injection. Les oiseaux commencent à développer une immunité immédiatement après la vaccination et leur immunité est complètement établie environ 3 semaines plus tard. Afin d'accroître la durée de la protection immunitaire contre le virus jusqu'à une année, il est nécessaire d'administrer un vaccin de rappel de 3 à 6 semaines après la vaccination initiale.

Q : Quel est le résultat de la vaccination?

R : Les oiseaux sains vaccinés doivent être en contact avec une plus grande quantité de virus pour être infectés, mais il est possible que certains soient infectés et excrètent le virus, bien que la majorité des oiseaux vaccinés soient protégés contre l'infection et n'excrètent aucun virus. Cependant, les oiseaux vaccinés infectés qui excrètent le virus le font à un niveau si faible qu'il est insuffisant pour infecter d'autres oiseaux. Des études scientifiques ont démontré que 2 à 3 semaines après la vaccination, la transmission du virus est complètement éradiquée.

L'expérience a démontré que la vaccination des oiseaux, en combinaison avec l'élimination, la biosécurité et les mesures de surveillance, peut être un outil supplémentaire efficace pour prévenir la propagation des virus durant les flambées. La vaccination est particulièrement utile dans les endroits où l'on retrouve une forte densité de volailles. Le résultat de la vaccination est que les oiseaux vaccinés ne deviennent pas malades et ne meurent pas et que la propagation du virus est énormément réduite ou éradiquée.

Q : La seule vaccination représente-t-elle la solution pour arrêter la propagation de la grippe aviaire?

R : Non, la vaccination seulement n'est pas la réponse. Bien que la vaccination protège efficacement les oiseaux traités et limite la propagation de la maladie contribuant ainsi aux programmes d'éradication, il sagit d'une mesure préventive qui ne peut être utilisée quand les oiseaux sont déjà infectés. La meilleure utilisation du vaccin est comme composante d'un programme d'éradication sous la surveillance des autorités en santé animale avec d'autres mesures comme la surveillance, la biosécurité et l'élimination.

Q : Qui décide de vacciner ou non dans l'éventualité d'une flambée de grippe aviaire?

R : La décision de vacciner est prise par les autorités pertinentes de chaque pays, en tenant compte des conditions locales et de la situation épidémiologique courante. Au Canada, l'Agence canadienne d'inspection des aliments a l'autorité de décider s'il est avantageux de procéder à une vaccination.

Q : Est-il sécuritaire de consommer la chair et les œufs provenant de volailles vaccinées?

R : Oui. La chair et les œufs provenant de volailles saines vaccinées ne présentent aucun risque pour la santé humaine.

LE RÔLE DE L'INDUSTRIE DE LA SANTÉ ANIMALE À L'ÉGARD DE LA GRIPPE AVIAIRE

Q : Quelle est la contribution de l'industrie de la santé animale dans la lutte contre la grippe aviaire?

R : Globalement, plusieurs entreprises de santé animale produisent des vaccins H5 contre le virus H5N1 qui sont efficaces pour prévenir la maladie clinique chez les oiseaux. Ces vaccins aident à contrôler la propagation de la grippe aviaire en augmentant la résistance des oiseaux vaccinés et en réduisant l'excrétion du virus par les oiseaux infectés.

Les entreprises de santé animale contribuent également aux efforts de contrôle de la grippe aviaire avec leur mine de connaissances pratiques et la fabrication de produits destinés à contrôler les vecteurs de maladies.

Q : L'industrie de la santé animale est-elle en mesure de fournir suffisamment de vaccins contre la grippe aviaire?

R : Jusqu'à maintenant, les entreprises qui fabriquent les vaccins contre la grippe aviaire ont pu répondre à la demande pour leurs produits.

La production de vaccins est un processus complexe. La production et les tests durent au moins quatre mois, y compris tous les contrôles de qualité, d'innocuité et d'efficacité du produit. Les entreprises de santé animale doivent être avisées à l'avance si un pays à l'intention de mettre en place un programme de vaccination afin d'être en mesure de fournir la quantité requise de vaccins.