On peut dire que le virus du Nil occidental est relativement nouveau en Amérique du Nord, mais notre connaissance de la maladie augmente, année après année. L'article qui suit a été publié à la fin de l'été 2003.
Vous pouvez obtenir de plus amples renseignements sur le virus du Nil occidental en consultant les adresses suivantes :
Agence de santé publique du Canada
Agence canadienne d'inspection des aliments
Santé Canada
Centers for Disease Control
Le virus du Nil occidental niche chez nous... mais les chiens et les chats dans tout ça?
La fin de l'été et le début de l'automne annoncent la recrudescence de signes cliniques associés au virus du Nil occidental (VNO). Dès l'irruption du premier cas en Amérique du Nord, (New York, 1999), gouvernement, citoyens et propriétaires d'animaux étaient aux aguets. Depuis, les craintes n'ont fait qu'accroître. Les experts prédisent que le nombre maximal de victimes sera atteint vers la mi-août. Avec la saison des maringouins toujours devant nous, et l'Agence canadienne d'inspection des aliments qui affirme que le virus du Nil occidental niche au Canada, la vigilance s'impose.
Le virus a été identifié pour la première fois en 1937, en Ouganda, chez une résidente de la rive occidentale du Nil. En 1957, une deuxième irruption a surgi, en Israël, sous la forme d'une encéphalite grave se répandant chez les humains, dont la source était attribuée au virus. Au début des années 1960, la maladie était retracée en Égypte et en France dans une population de chevaux. Depuis, on a repéré des victimes en Afrique, en Europe, en Asie et au Proche-Orient parmi les oiseaux, les humains et les chevaux. Selon les rapports de Santé Canada, à la mi-juillet 2003, on avait repéré des oiseaux tests VNO positifs au Québec, en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta.
Sans équivoque, le VNO entraîne la mort chez les chevaux et les oiseaux. Qu'en est-il des chats et des chiens?
Selon le Dr Grant Maxie, du laboratoire de santé animale de l'Université de Guelph, Oui, les chiens et les chats risquent d'être contaminés par le virus du Nil occidental, mais la séroconversion ne se produit pas, et il est peu probable qu'ils développent la maladie.
Les tests effectués sur les chats et les chiens révèlent certains cas de contamination mais l'observation démontre que l'éclosion de la maladie ne se produit à peu près jamais. Un sondage effectué l'an dernier, entre le 25 juillet et le 2 novembre dans 15 centres vétérinaires de la Louisiane auprès de 442 chiens et 138 chats, révèle que 9,4 % des chats présentaient une prévalence positive de même que 26,2 % des chiens. L'incidence était deux fois plus élevée chez les chiens errants que ceux avec famille et 19 fois plus élevée chez les chiens vivant davantage à l'extérieur. Aucune mort n'a été rapportée. Signalons qu'en 2002, la Louisiane était au 4e rang du nombre de décès humains attribuables au VNO.
L'apparition de cette maladie est si récente en Amérique du Nord que la communauté scientifique en découvre toujours un peu plus sur le VNO. Le Centre de contrôle des maladies aux États-Unis rapporte que, jusqu'à présent, en plus des oiseaux (138 espèces répertoriées), des chevaux et des humains, le VNO peut infecter chameaux, bovins, moutons, chèvres des montagnes, chats, chauve-souris, tamias, mouffettes, écureuils, lapins d'élevage et chiens. Il est intéressant de constater que de toutes ces espèces, à l'exception du cheval, de l'oiseau et d'une fraction minime d'humains contaminés par le VNO, aucune ne semble souffrir de la maladie.
Le VNO fait partie d'une catégorie de virus appelée flavivirus, membre d'une famille plus grande dite arbovirus transmis par un vecteur suceur de sang, dont le maringouin. Le virus niche dans l'oiseau et le maringouin devient son agent de transmission en piquant l'oiseau contaminé (ou toute autre espèce); la durée d'incubation varie de 5 à 15 jours et le virus est transmis à d'autres oiseaux, des humains ou des animaux. Au Canada, il est possible de faire vacciner les chevaux depuis deux ans. Pour le moment, il n'existe aucun vaccin pour les humains et les chercheurs ne peuvent prédire quand il sera disponible. Il est difficile de justifier la recherche pour trouver un vaccin destiné aux animaux compagnons quand ils semblent ne pas être touchés par la maladie.
Un gramme de prévention
Les ressources ne manquent pas, ni les recommandations quant aux modes de protection efficaces contre les piqûres de maringouins, contaminés ou non. Le plus simple est sans doute d'appliquer un insecticide à base de DEET. Toutefois, il est impérieux de rappeler aux propriétaires d'animaux compagnons qu'il ne faut jamais utiliser les insecticides destinés aux humains sur les animaux.
Beaucoup d'animaux compagnons ont de graves réactions après avoir ingurgité des produits donnés par un maître bien-intentionné. Si vous allez au chalet ou à tout endroit infesté de maringouins, apportez des insecticides à base de pyréthrine connus et testés spécifiquement sur les animaux comme en témoigne l'étiquette. Les propriétaires d'animaux doivent se rappeler que les maringouins sont plus actifs du crépuscule à l'aurore, et qu'il est sage de garder les animaux à l'intérieur durant cette période.
Les propriétaires doivent évaluer le risque de contamination des animaux par le VNO contre l'effet d'une utilisation prolongée d'insecticides; à eux de choisir le moindre mal.
Plus de peur que de mal
Les médias bombardent le public de nouvelles sur le VNO. Voyons les faits de près :
- Dans les territoires affectés par le virus du Nil occidental, on estime à moins de 1 % le nombre de maringouins porteurs de la maladie.
- La grande majorité (près de 99 %) des gens contaminés ne ressent jamais de symptôme.
- À moins que la maladie ne dégénère en encéphalite, rien n'y paraît après une semaine. (Les manifestions sévères, dont l'encéphalite, touchent habituellement de tout jeunes, des vieillards et des gens souffrant de déficience immunitaire. Parmi ceux et celles qui développent la maladie, de 3 à 15 % en meurent.)
Il est impératif que les vétérinaires et les propriétaires d'animaux compagnons évaluent les véritables risques causés par le VNO sur eux et leurs animaux. Aux États-Unis, l'an dernier, dans la région de Chicago, le Centre de contrôle des maladies rapportait la mort d'un chien de huit ans, mais les symptômes s'apparentaient à d'autres infections. Aucune mortalité chez les chiens n'a été signalée au Canada, mais il est toujours bon de protéger le chien contre les maringouins. Il y a de nombreux dangers, entre autres, le ver qui attaque le coeur.
Symptômes et diagnostic
Si vous croyez qu'un animal a été contaminé par le VNO, soyez à l'affût des signes révélateurs : mauvaise coordination, dépression, perte d'appétit, difficulté à marcher, tremblements, posture de tête anormale, cercles répétitifs et convulsions. Toutefois, ces signes peuvent être associés à d'autres maladies neurologiques graves, et seul un examen vétérinaire approfondi permet d'établir un diagnostic précis.
On confirme le diagnostic avec un test de sang (Vectest ELISA et PCR), et l'autopsie. En vertu de la Loi sur la santé des animaux tous les laboratoires sont tenus de contacter l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) lorsqu'il y a soupçon ou diagnostic de contamination par le VNO. Les cliniques vétérinaires autorisées de l'ACIA sont d'excellentes sources de renseignements.
Les vétérinaires ont la responsabilité de se protéger contre toute contamination, pour eux-mêmes, leurs animaux compagnons et leurs patients. L'été est là, maringouins et tout, la prudence n'a jamais fait de mal personne.
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